Inside Afretis

Project Description

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Inside AFRETIS (19 Mars 2014)

Présentation des marques

Lors du premier Inside Afretis organisé le 19 Mars 2014 autour du ‘Made in Africa’, nous avons eu l’honneur d’avoir deux représentantes aux parcours différents et une modératrice impliquée dans le domaine.

D’un côté, Shade, fondatrice de la marque Nash Prints It entre aout 2012 et mars 2013. Ses collections reflètent son métissage ; elle réalise ainsi des boubous à partir de tissus occidentaux, et des vêtements occidentaux à partir de tissus africains. Les trois raisons du lancement de sa marque sont l’envie de travailler avec sa mère, d’utiliser du wax et le besoin d’être indépendante. Comme le veut son objectif à savoir la production du wax en Afrique, elle réalise ses collections au Bénin, son pays d’origine.

De l’autre côté,  Myriam Maxo, originaire des Caraïbes et créatrice d’une ligne de linge de maison qui porte son nom depuis trois ans. Elle a eu un parcours atypique car suite à des études de design en Angleterre suivi de difficultés de trouver un emploi dans son domaine en France, elle décide de créer sa marque. La poursuite de ses rêves et la fidélisation à ses valeurs et ses idées l’aident à aller de l’avant peu importe les difficultés rencontrées. Elle fabrique actuellement en Europe, mais envisage un déplacement de la fabrication vers l’Afrique.

La modératrice de la session Nelly WANDJI fondatrice d’une vitrine de créateurs qui met l’Afrique à l’honneur :  Moonlook.

Le but de cette édition fut de confronter les expériences des deux créatrices dont le but ultime est de mettre en valeur la culture africaine au sein de leurs créations. Parties d’une passion commune, elles répondent aux questions clés du débat en fonction de leurs parcours, leurs difficultés et leur expérience.

1)    Quel intérêt pour les créateurs de fabriquer en Afrique ?

Le but premier de fabriquer en Afrique est de pouvoir montrer au monde la richesse et le savoir-faire dont regorge l’Afrique à travers des partenariats par exemple. La main d’œuvre africaine est abondante mais son travail n’est pas toujours valorisé. Créer en Afrique permettrait non seulement d’aider les artisans Africains à s’améliorer mais aussi à avoir un revenu d’où un salaire plus élevé afin de garantir une meilleure qualité.

Il va sans dire qu’afin d’y travailler, il faudrait assurer un suivi sur le terrain. L’expérience qu’a vécue le père de Myriam au Sénégal montre qu’un manque de suivi sur le terrain entraine parfois des problèmes de gradation des marchandises et bien d’autres. Afin de palier à ce problème, la mère de Shade assure la qualité au Bénin.

Les deux créatrices s’accordent sur la nécessité de permettre aux fabricants Africains de pouvoir vivre de leur travail, de pouvoir monter leur propre business et par là pouvoir créer des emplois et pérenniser leur activité.

2)    Quelles sont les réalités, les difficultés du terrain, et les besoins ?

L’un des points majeurs soulevé lors du débat est la problématique du « Made in Africa ». Bon nombre d’entre nous ont des clichés en ce qui concerne les produits faits en Afrique notamment leur qualité, leur adéquation au marché international, la productivité des Africains, la mentalité des Africains… Ce sont certes des réalités mais comme dans toute communauté, il y a des personnes qui font bien leur boulot, d’autres moins bien. Le travail est difficile mais le combat mérite d’être mené car l’issue est sans aucun doute intéressante pour l’Afrique.

Face à la difficulté importante qu’est le financement, l’aide de la famille est généralement un moyen pour débuter. De son expérience, Shade a reçu une aide de près de 8000€ afin de financer les 400 premières pièces qu’elle a commandé. Au bout de 3 – 4 mois, elle a su rembourser grâce aux ventes privées qu’elle a menées. Malheureusement, il est difficile de faire des bénéfices, l’argent a à peine suffit à rembourser le prêt. D’où la possibilité ou mieux la nécessité de faire appel à des subventions privées, des aides de l’Etat ou encore des business angels.

3) Quels mécanismes faut-il mettre en œuvre pour pérenniser la production made in Africa et la diffuser le plus largement possible ?

Le bouche-à-oreille reste un moyen largement utilisé afin de se faire connaitre à l’étranger. En effet, le partage des expériences des uns et des autres suite à l’achat d’un produit a une influence notoire. Par ailleurs, la communication personnelle via Facebook, blog… permet également de toucher un public large. Shade utilise également le port personnel de ses chemises et la distribution occasionnelle afin de monter en visibilité. La remarque apportée par Myriam : « la communication par d’une volonté profonde, du dynamisme personnel ». La volonté est un ingrédient important pour le succès d’une marque et nécessite d’être nourrie tous les jours.

L’un des éléments facilitateurs de nos jours est la diffusion des imprimés Afro au sein des grandes enseignes telles que Zara, qui permet de mieux faire passer le « Made in Africa ». Malheureusement, l’Afrique n’en profite pas encore mais le meilleur reste à venir.

4) Quelles synergies peuvent-être mises en place entre les deux créatrices pour mutualiser leurs efforts et pérenniser leurs productions ?

Les efforts de chacun envers sa propre marque sont certains mais la mutualisation reste un objectif sur le long terme. Pour le moment, les productions sont faites en exemplaire unique et non à la   chaine, d’où la vision ‘trop chère’ de leurs produits. Les créatrices y répondent en insistant sur la nécessité de connaitre le processus de création. Si nous connaissions le temps de travail, le côté artistique, la qualité des produits, nous penserions moins qu’ils sont chers.

L’objectif à trois quatre ans de Shade est d’avoir une unité Nash production dont une partie travaillerait pour elle, et l’autre pour d’autres créateurs. La production de masse reste moins une option pour Myriam qui mise sur le côté ‘artistique’ des produits et donc leur unicité. Il ne s’agit pas de produire en quantité mais plus en qualité.

Mutualiser les efforts des créateurs et les coûts d’acquisition des clients, est une perspective qui permettra de développer une base clients plus importante avec une consommation soutenue : l’initiative de l’entreprise Moonlook vise notamment à aider ces-derniers dans la diffusion de leurs produits et progressivement les accompagner dans la fabrication et le sourcing. 

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